• Réfutation des principaux arguments des chasseurs

    LES CHASSEURS REGULENT LA FAUNE

    Afin d’obtenir la caution de la population, les chasseurs veulent faire passer leur loisir pour un impératif de service public, se prétendant indispensables à l’équilibre de la faune. Qui peut croire que leurs motivations relèvent d’un quelconque souci de régulation ?
    Chaque année, près de 20 millions d’animaux (faisans, lièvres, lapins, perdrix, etc.) sont élevés ou importés pour être lâchés par les chasseurs dans la nature, parfois le matin même de la partie de chasse. Ceci dans l’unique but de fournir suffisamment de cibles vivantes. Comment osent-ils, face à ces faits, évoquer la « régulation » ?
    De plus, les prédateurs, authentiques régulateurs naturels, sont systématiquement détruits par les chasseurs. Renard, martre, fouine, belette, putois sont même classés « nuisibles », un non-sens écologique, et sont ainsi tués toute l’année. Quant aux prédateurs protégés, en particulier les loups, ils subissent la pression des chasseurs qui obtiennent chaque année des autorisations de tirs lorsque ce n’est pas en tout illégalité que des individus sont tués.
    A l’instar du pompier pyromane, la chasse s’entretient elle-même. Tuer les prédateurs, élever et lâcher des millions d’animaux, pour ensuite avoir l’hypocrisie de se mettre en position de « sauveurs », de se prétendre « régulateurs » indispensables, relèvent de la pure imposture.
    Il est aussi malhonnête de la part des chasseurs de tenter de justifier l’ensemble de la chasse avec cet argument de « régulation » car, de plus, il ne concerne que quelques espèces parmi les 91 chassables. En effet, la plupart des espèces chassables ont, au contraire, des effectifs en diminution. Ils jugent les prédateurs (renards…) trop nombreux car ils les considèrent comme des concurrents à éliminer. Ils incriminent également les sangliers, qu’ils évoquent copieusement auprès des médias. Or, rappelons que pour 80 animaux tués à la chasse, 1 seul est un sanglier… Et avouent-ils qu’ils les « agrainent », c’est-à-dire qu’ils mettent à leur disposition, chaque année, des tonnes de maïs, pommes, melons afin qu’ils ne quittent pas leurs territoires et que les laies, bien nourries, se reproduisent davantage ? Il faut également savoir qu’ils ont introduit dans la nature des cochongliers, un croisement entre laies et verrats provoquant des portées de marcassins plus importantes et engendrant un animal très prolifique. Et régulièrement des chasseurs sont condamnés pour élevage/lâchers illégaux de sangliers. Alors, les chasseurs, des « sauveurs des agriculteurs » ? Interdisons l’agrainage et clôturons les champs (fils électriques) où les sangliers se nourrissent, c’est la seule solution efficace et pacifique pour que la population de cet animal s’autorégule tout en éliminant les dégâts aux cultures.
    Comme le démontrent les Parcs Nationaux et les autres zones sans chasse (Canton de Genève par exemple), la faune s’équilibre naturellement depuis des milliers d’années. Les prédateurs régulent les populations de leurs proies, et réciproquement. En effet, ces derniers ne sont jamais trop nombreux, sinon ils seraient contraints à mourir de faim du fait d’une insuffisance de proies. De nombreuses espèces s’autorégulent en fonction de la surface de leur territoire et de la quantité de nourriture disponible. Si toutefois une espèce venait à être trop nombreuse, des solutions pacifiques existent, nul besoin d’hommes armés dans nos campagnes.
    Nous préconisons de confier la gestion de la faune et des espaces naturels à des fonctionnaires formés et diplômés, au sein d’instances départementales ou régionales, dont la mission serait de créer les conditions d’une cohabitation pacifique et harmonieuse entre les animaux sauvages et l’Homme, fondée sur la prévention et la protection.

     
    LA CHASSE EST UNE ACTIVITÉ ECONOMIQUE QUI CREE DES EMPLOIS

    L’économie générée par la chasse est vraiment très marginale dans celle de notre pays.
    La chasse est surtout à l’origine d’une économie non fiscalisée, souterraine et ignorée (locations non déclarées des gabions et des terrains de chasse, ventes illégales du « gibier », etc.). Des gîtes de randonnées ne fonctionnent pas en période de chasse, les chasseurs faisant fuir les visiteurs.
    Il serait possible pour les personnes ayant un emploi lié à la chasse de se convertir dans le tourisme basé sur l’observation respectueuse de la faune, qui générerait d’ailleurs une économie bien plus importante.
    Par ailleurs, l’économie ne peut justifier un loisir éthiquement condamnable, écologiquement désastreux et dangereux.
    Enfin, si la chasse était interdite, les chasseurs s’adonneraient à d’autres loisirs, pour un budget équivalent, ce qui serait seulement une « modification » des flux financiers vers d’autres activités d’où aucune « perte » économique au niveau global.

     
    LA CHASSE EST UNE TRADITION

    Quelques formes de chasse sont en effet traditionnelles, bien que beaucoup de modes de chasse soient en fait très récents et que les chasseurs utilisent maintenant des téléphones portables, des fusils perfectionnés, des 4×4 et autres outils très modernes.
    Cependant, toute tradition n’est pas bonne à pérenniser. L’Histoire a heureusement vu l’abolition de l’esclavage, de diverses tortures, de la peine de mort, etc. La tradition relève en réalité d’un problème de maturité d’esprit ; elle empêche toute prise de recul et de conscience, réflexion et remise en cause : « d’autres l’ont fait avant moi, donc je le fais aussi ».
    Il faut, au contraire, savoir évoluer et supprimer les traditions cruelles, irrespectueuses de la vie ou néfastes pour la nature, telles que la chasse.

     
    LA CHASSE EST UNE ACTIVITE CONVIVIALE, QUI CONTRIBUE AU LIEN SOCIAL

    C’est sans doute vrai, bien qu’on puisse penser que la convivialité d’un loisir basé sur la mise à mort est limitée, et que cette convivialité n’est certainement pas partagée par les promeneurs qui se retrouvent face à un porteur de fusil au détour d’un chemin.
    Il existe un nombre infini d’activités conviviales et non sanglantes, ne se pratiquant pas contre des êtres sensibles.
    Vivre agréablement ensemble ne nécessite pas d’utiliser des pièges et fusils.

     
    LA CHASSE, C’EST NATUREL

    Il s’agissait à l’origine d’une activité naturelle de subsistance, mais désormais, la chasse est devenue un loisir. Elle a donc perdu son caractère naturel et vital.
    Ce slogan est une confusion entre la chasse en tant que prédation et la chasse de loisir :
    -Les prédateurs (renards, loups, aigles, etc.) chassent pour survivre, c’est une nécessité vitale : dans ce cas, la chasse est naturelle.
    -L’Homme, dans un pays comme la France, ne chasse pas par nécessité, il s’agit d’un loisir, d’une passion : dans ce cas, la chasse, ce n’est donc pas naturel.
    De plus, le fait que beaucoup d’animaux tués proviennent de lâchers ainsi que l’utilisation d’armes de plus en plus perfectionnées, contribuent à artificialiser cette chasse-loisir.
    Sont naturels également : les maladies, poisons, meurtres, etc. : ainsi, « naturel » n’est ni un argument, ni un qualificatif nécessairement positif.

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