• Foire aux questions (FAQ)

    • Q:

      Pourquoi lutter contre la chasse ? Que reprochez-vous à cette pratique ?

      R:

      La chasse est une activité très ancienne, elle fut longtemps une nécessité alimentaire. Mais de nos jours, en France, elle n’est qu’un pur loisir. Or, une distraction qui consiste à tuer les animaux est inadmissible. « L’enjeu d’une partie de chasse réside dans des chairs déchirées par les plombs, dans des os broyés par les balles, dans des organes perforés, dans la fin d’une vie. La démarche est intentionnellement agressive, négatrice du caractère sensible de l’animal ». Cette incompatibilité avec l’éthique est aggravée par l’existence de modes de chasse particulièrement cruels, tels que la chasse à courre, le déterrage ou le piégeage.
      La chasse constitue également un préjudice écologique important. Les chasseurs français ont provoqué la disparition de plusieurs espèces (certaines sont revenues naturellement – par les frontières – ou ont fait l’objet de réintroduction) et ils continuent à menacer l’avenir de certaines espèces. La France est le pays d’Europe où les périodes de chasse sont les plus longues, où le nombre d’espèces déclarées « chassables » est le plus grand. Ainsi, des oiseaux migrateurs aux populations en régression se font tuer en traversant la France alors qu’ils sont protégés dans les autres pays d’Europe. A titre de comparaison, en un seul weekend, les chasseurs tuent en France environ 300 000 oiseaux, soit près du double de victimes que le naufrage de l’Erika. On assiste également à une disparition des prédateurs (belettes, renards, putois…) que les chasseurs considèrent comme des concurrents. Les espèces protégées sont, elles aussi, victimes des dérangements occasionnés par la chasse. Les travaux de sauvegarde de la faune réalisés par les associations de protection de la nature sont bien souvent annulés par les chasseurs. Toute mesure de préservation de la biodiversité est vouée à l’échec tant que les deux conditions suivantes, nécessaires bien que souvent insuffisantes, ne seront pas réunies : la protection des milieux et l’interdiction de la chasse.
      En outre, la chasse pose un sérieux problème d’insécurité. Durant plus de la moitié de l’année, à peine 2 % de la population s’accaparent les espaces naturels, empêchent les utilisateurs pacifiques de profiter de la nature voire d’accéder à certaines zones et instaurent un climat d’insécurité. En période de chasse, les chasseurs blessent en moyenne près d’une personne par jour et en tuent plus d’une par semaine. C’est le seul loisir qui tue et blesse chaque année des personnes ni pratiquantes, ni spectatrices.
      Les trois raisons ci-dessus sont développées et détaillées dans notre livret sur la chasse (25 pages) en vente sur nos stands ou dans notre boutique en ligne.

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    • Q:

      Les chasseurs prétendent jouer une fonction de régulation de la faune pour maintenir les équilibres. Ils se disent gestionnaires de la faune. Que répondez-vous et que proposez-vous comme alternatives ?

      R:

      Afin d’obtenir la caution de la population, les chasseurs veulent faire passer leur loisir pour un impératif de service public, se prétendant indispensables à l’équilibre de la faune. Qui peut croire que leurs motivations relèvent d’un quelconque souci de régulation ?
      Chaque année, près de 20 millions d’animaux (faisans, lièvres, lapins, perdrix, etc.) sont élevés ou importés pour être lâchés par les chasseurs dans la nature, parfois le matin même de la partie de chasse. Ceci dans l’unique but de fournir suffisamment de cibles vivantes. Comment osent-ils, face à ces faits, évoquer la « régulation » ?
      De plus, les prédateurs, authentiques régulateurs naturels, sont systématiquement détruits par les chasseurs. Renard, martre, fouine, belette, putois sont même classés « nuisibles », un non-sens écologique, et sont ainsi tués toute l’année. Quant aux espèces protégées (ours, loup, lynx, aux populations très faibles), elles subissent la pression des chasseurs qui obtiennent chaque année des autorisations de tirs lorsque ce n’est pas en tout illégalité que des individus sont tués.
      A l’instar du pompier pyromane, la chasse s’entretient elle-même. Tuer les prédateurs, élever et lâcher des millions d’animaux, pour ensuite avoir l’hypocrisie de se mettre en position de « sauveurs », de se prétendre « régulateurs » indispensables, relèvent de la pure imposture.
      Il est aussi malhonnête de la part des chasseurs de tenter de justifier l’ensemble de la chasse avec cet argument de « régulation » car, de plus, il ne concerne que quelques espèces parmi les 91 chassables. En effet, la plupart des espèces chassables ont, au contraire, des effectifs en diminution. Ils jugent les prédateurs (renards…) trop nombreux car ils les considèrent comme des concurrents à éliminer. Ils incriminent également les sangliers, qu’ils évoquent copieusement auprès des médias. Or, rappelons que pour 80 animaux tués à la chasse, 1 seul est un sanglier… Et avouent-ils qu’ils les « agrainent », c’est-à-dire qu’ils mettent à leur disposition, chaque année, des tonnes de maïs, pommes, melons afin qu’ils ne quittent pas leurs territoires et que les laies, bien nourries, se reproduisent davantage ? Il faut également savoir qu’ils ont introduit dans la nature des cochongliers, un croisement entre laies et verrats provoquant des portées de marcassins plus importantes et engendrant un animal très prolifique. Et régulièrement des chasseurs sont condamnés pour élevage/lâchers illégaux de sangliers. Alors, les chasseurs, des « sauveurs des agriculteurs » ? Interdisons l’agrainage et clôturons les champs (fils électriques) où les sangliers se nourrissent, c’est la seule solution efficace et pacifique pour que la population de cet animal s’autorégule tout en éliminant les dégâts aux cultures.
      Comme le démontrent les Parcs Nationaux et les autres zones sans chasse (Canton de Genève par exemple), la faune s’équilibre naturellement depuis des milliers d’années. Les prédateurs régulent les populations de leurs proies, et réciproquement. En effet, ces derniers ne sont jamais trop nombreux, sinon ils seraient contraints à mourir de faim du fait d’une insuffisance de proies. De nombreuses espèces s’autorégulent en fonction de la surface de leur territoire et de la quantité de nourriture disponible. Si toutefois une espèce venait à être trop nombreuse, des solutions pacifiques existent, nul besoin d’hommes armés dans nos campagnes.
      Nous préconisons de confier la gestion de la faune et des espaces naturels à des fonctionnaires formés et diplômés, au sein d’instances départementales ou régionales, dont la mission serait de créer les conditions d’une cohabitation pacifique et harmonieuse entre les animaux sauvages et l’Homme, fondée sur la prévention et la protection.

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    • Q:

      Ces dernières années, les chasseurs semblent mener plusieurs actions en faveur de la biodiversité. La nature ne serait-elle pas gagnante si vous choisissez de travailler ensemble, plutôt que de vouloir leur disparition ?

      R:

      Il est vrai que ces dernières années, notamment pour améliorer leur image, les chasseurs ont réalisé diverses actions en faveur de la biodiversité, bien relayées par les médias. Mais ne nous leurrons pas : créer un point d’eau ou planter une haie, ce n’est pas de la chasse. La plupart des associations de protection de la nature proposent ce genre d’action, nul besoin d’avoir un fusil ou un piège. Lorsque des chasseurs accomplissent ces travaux, ce n’est que pour favoriser le développement de leurs cibles : « Enfin, pour pouvoir chasser, [le chasseur] a absolument besoin d’une nature en bon état. Sinon, pas de milieux accueillants et donc, pas de gibier » a-t-on pu lire récemment dans un journal lors d’une publicité d’une fédération de chasseurs. Voilà qui expose clairement pour quels motifs le monde de la chasse s’intéresse à la préservation des espaces naturels !
      La chasse est une passion, un plaisir, provoquant un préjudice écologique important. Il nous est impossible d’œuvrer avec les chasseurs. Nos actions sont opposées, nous travaillons pour protéger la faune, ils se distraient en la détruisant. De ce fait, aucune action de protection de la nature en commun n’est réalisable, à moins qu’ils ne se joignent à nous après avoir cloué leurs fusils.

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    • Q:

      La chasse génère une économie. Interdire la chasse aurait donc une incidence sur le chômage ?

      R:

      L’économie générée par la chasse est vraiment très marginale dans celle de notre pays. La chasse est surtout à l’origine d’une économie souterraine, non fiscalisée, et ignorée (locations non déclarées des gabions et des terrains de chasse, ventes illégales du « gibier », etc.). Des gîtes de randonnées ne fonctionnent pas en période de chasse, les chasseurs faisant fuir les visiteurs. Il serait simple pour les personnes ayant un emploi lié à la chasse de se convertir dans le tourisme basé sur l’observation respectueuse de la faune, qui générerait d’ailleurs une économie bien plus importante. Enfin, l’économie ne peut justifier un loisir éthiquement condamnable, écologiquement désastreux et dangereux.

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    • Q:

      De nombreuses traditions disparaissent, beaucoup sont menacées par l’uniformisation des modes de vie. Ne faudrait-il donc pas essayer de maintenir, et respecter, cette tradition ?

      R:

      Quelques formes de chasse sont en effet traditionnelles, bien que beaucoup de modes de chasse soient en fait très récents et que les chasseurs utilisent maintenant des téléphones portables, des fusils perfectionnés, des 4×4 et autres outils très modernes. Cependant, toute tradition n’est pas bonne à pérenniser. L’Histoire a heureusement vu l’abolition de l’esclavage, de diverses tortures, de la peine de mort, etc. La tradition relève en réalité d’un problème de maturité d’esprit ; elle empêche toute prise de recul et de conscience, réflexion et remise en cause : « d’autres l’ont fait avant moi, donc je le fais aussi ». Il faut, au contraire, savoir évoluer et supprimer les traditions cruelles, irrespectueuses de la vie ou néfastes à la nature, telle que la chasse.

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    • Q:

      Vous indiquez être contre toute forme de chasse en France, votre objectif final étant l’abolition de la chasse. N’est-ce pas un peu utopique ?

      R:

      Nous sommes contre toutes formes de chasse en France, pour les raisons expliquées précédemment. De même qu’il aurait été aberrant de se limiter à instaurer des dimanches sans esclavage, à augmenter la longueur des chaînes ou à réduire le nombre d’esclaves, nous luttons contre le principe même de la chasse. Il ne faut pas réformer ou mieux réglementer l’inadmissible, mais l’abolir. Cependant, les artichauts se mangent feuille à feuille, nous sommes donc favorables à toute avancée, si petite soit-elle.
      Tous les grands combats d’idées (esclavage et racisme, droits des femmes, etc.) ont, au début, été ridiculisés ou jugés irréalisables. Ils paraissent maintenant évidents. Comme eux, il faudra du temps mais dans quelques décennies, il semblera incroyable que 1,8 % de notre population ait eu le droit de mort sur la faune par pure distraction, comme loisir.
      Nous voulons faire avancer l’idée de l’abolition de la chasse. Des impératifs écologiques aujourd’hui incontournables, l’ampleur de la prise de conscience du droit au respect de l’animal, nous donnent raison. Selon un sondage SOFRES de 2005, 60 % des Français approuvent notre combat.

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