Fév
15
19

Dites stop à la vénerie sous terre!


La vénerie sous terre est une méthode de destruction des animaux (blaireaux et renards en particulier) parmi les plus barbares qui soient.

Une consultation publique entérine cette abjection, sous couvert d’une évolution favorable dans la prise en compte du bien-être animal.

De qui se moque-t-on?

La vraie seule mesure serait d’interdire cette pratique d’un autre temps.

Virginie Boyaval, fondatrice de l’association Meles, ne décolère pas:

« En tant que Présidente de l’Association MELES et éthologue depuis plus de 14 ans sur le blaireau, je suis scandalisée que l’on puisse parler de bien-être animal dans la pratique de la vénerie sous terre. Que ce soit pour les blaireaux ou les renards, le stress d’être acculés au fond du terrier par la pression des chiens pendant plusieurs heures voir plusieurs jours, pour ensuite être pris par des pinces qui leurs brisent les pattes ou les étranglent est bien loin du bien-être animal. Et je sais de quoi je parle car j’ai en possession ces pinces qu’utilisent les déterreurs … alors je ne sais pas où est la notion de bien-être animal.

De plus, il est absolument scandaleux d’autoriser le déterrage (ou vénerie sous terre) des blaireaux à partir du 15 mai. Ces périodes complémentaires autorisées correspondent aux périodes d’élevages des petits et ces derniers ne sont pas sevrés. Lorsque la mère est tuée, elle laisse derrière elle des orphelins incapables de survivre seuls. Mon centre de soins pour les mammifères sauvages, récupère chaque année des blaireautins non sevrés et non émancipés jusqu’en juillet. Alors encore une fois quand on parle de bien-être animal, j’ai envie d’exploser de colère quand je vois dans quel état je récupère ces blaireautins.

Aussi, en 2014, vous aviez modifié l’arrêté en interdisant les championnats et compétitions pour les remplacer par des journées de formation et d’entrainements de chiens. Mais quelle est la différence… juste un choix des mots pour moins choquer l’opinion publique, mais le résultat est le même : plusieurs terriers déterrés par un certain nombre d’équipages venant de toute la France et de Belgique pour tout simplement assouvir le plaisir morbide de ces déterreurs.

De plus, vous avez stipulé de la nécessité d’interrompre les opérations de déterrage en cas de présence d’une espèce protégée. Il s’avère que les chauves-souris, comme le petit rhinolophe, vivent dans les terriers occupés par les blaireaux. Cette espèce est protégée et en aucun cas, son habitat peut être détruit. Lorsqu’un déterrage est mené, comment voulez-vous que les veneurs détectent la présence des chauves-souris ? L’habitat est déjà détruit et les chauves-souris avec… Une étude menée par MELES est en cours. Si cet état de fait n’est pas pris en compte et que la vénerie sous terre est toujours autorisée, le gouvernement sera tenu responsable de la disparition (déjà très fragile) de certaines espèces de chauves-souris.

Vous parlez aussi de la pratique de la vénerie sous terre pour limiter les risques sanitaires, faisant référence à la tuberculose bovine … encore une belle utopie ! Sur les zones à risque de tuberculose bovine, le déterrage n’est pas autorisé en raison de risque de transmission de cette bactérie pour les chiens …

En résumé, la vénerie sous terre n’est pas du tout justifiée, que ce soit sur les renards ou les blaireaux, cette pratique barbare et cruelle est juste une tradition d’un autre temps qu’il est tant d’interdire.

Je n’ai jamais vu une chasse aussi monstrueuse, alors quand vous dîtes : « cet arrêté … apporte des évolutions tenant compte des travaux du gouvernement sur la notion de bien-être animal.
Il vise notamment à limiter la souffrance des animaux capturés. » Je pense que vous, les représentants de Gouvernement n’avaient jamais assisté à cette pratique cruelle !

Il est scandaleux qu’un pays civilisé comme le nôtre, alors que nos pays limitrophes ont interdit cette pratique, continue de promouvoir la vénerie sous terre. Honte à la France ! »

Virginie BOYAVAL

La consultation publique 

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